vendredi, 23 septembre 2011
Niger, Réaménagement technique du gouvernement : quels enseignements tirés
Le 12 septembre 2011, lors du JT de 20 heures 30 de Télé Sahel, le Secrétaire Général du Gouvernement a rendu public un décret du Président de la République portant réaménagement technique du gouvernement sur proposition du Premier Ministre.
Ce réaménagement a permis à deux nouveaux ministres de faire leur entrée dans le gouvernement portant la taille de celui-ci de 24 à 26. Tous les anciens ministres conservant ainsi leur postes avec seulement 3 d’entre eux qui ont vu leurs portefeuilles ministériels délestés.
Depuis l’annonce du réaménagement, les autorités visiblement avares d’explications n’ont pas voulu donner des informations pour éclairer l’opinion sur ce choix opéré laissant la place aux spéculations. Nous allons pour notre part nous engouffrer dans cette brèche « spéculative » pour essayer de tirer quelques enseignements.
La surprise du chef
La nouvelle du réaménagement technique du gouvernement est tombée comme un couperet. Tel un tonnerre dans un ciel serein, elle en a surpris plus d’un. Même les journalistes proches des milieux politiques prompts à jouer aux éclaireurs avant de tels évènements étaient pris de court. Personne n’a vu venir le boulet. Ceux qui croient détenir les secrets des hautes sphères de l’Etat en ont pris pour leurs comptes.
Le « Boss » montre par là qu’il est un fin maneouvrier …
Le Premier Ministre renforcé
S’il y’a un gagnant dans ce réaménagement, c’est bel et bien le Premier Ministre. On peut dire sans risque de se tromper qu’il sort même renforcé. Car le maintien de tous les ministres est un signe que le chef de l’Etat fait confiance à l’Equipe Gouvernementale. Un satisfecit qui est du aux qualités de l’homme, mais aussi à la tenue correcte jusque là de ses ministres qui n’ont pas "mouillé" dans des scandales financiers. Le temps semble derrière nous où les ministres font la une des journaux pour des marchés frauduleux. Tous peuvent se targuer jusqu’à preuve du contraire de bien gérer les ressources mis à leur disposition.
Mais il ne peut y avoir un seul gagnant car le PM dirige une équipe. Cette équipe étant reconduite, tous peuvent gouter aux délices de la victoire. Cette victoire aura seulement une saveur particulière pour certains ministres qui ont été mis à mal par la presse.
Ceux-ci sont au nombre de quatre. Il s’agit du Ministre des finances mis en cause dans l’affaire du concours des douanes, du Ministre du plan et de celle de l’éducation indexés pour les nominations au sein de leurs ministères.
Le quatrième lui est un cas à part.
Le cas Abdou Labo
Il est reconduit avec ses « titres et grades » malgré les critiques de la presse et d’une certaine opinions sur sa gestion antérieure des affaires de l’Etat et malgré l’acharnement de l’opposition qui veut sa tête. La reconduction du Ministre d’Etat, Ministre de l’intérieur montre que le chef de l’Etat n’est pas sensible aux appels répétés de l’opposition qui réclame le respect de la charte des partis politiques. Ce qui passe selon eux par la démission du ministre Abdou Labo. Mais visiblement Mahamadou Issoufou tient encore à son « AS DE PIQUE ».
Le moment choisi, pas du tout fortuit
L’un des enseignements majeurs de ce réaménagement vient du timing. Le moment choisi par le Chef de l’Etat est loin d’être anodin. Il a du être inspiré par son camarade Mitterrand qui disait que « l'action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l'incertitude. »
A l’orée de la session d’octobre de l’Assemblée Nationale dite aussi session budgétaire, ce réaménagement permet de prendre en compte la création de nouveaux ministères dans la mouture du budget national 2012.
Coté politique, le Président de la République espère ramener la sérénité dans la majorité pour permettre une bonne tenue de cette session sans accroc majeur.
Sur le plan de la communication ce réaménagement à ce moment, en plus de donner un nouveau souffle au gouvernement, coupe l’herbe sous les pieds des journalistes. Ces derniers attendront peut-être une autre fois pour faire sortir les commentaires sur une éventuelle motion de censure ou sur un remaniement imminent. Toutes choses qui permettront de consolider la majorité en cette période cruciale qui verra l’assemblée passer à l’examen le budget 2012 de l’Etat.
Les bénéfices secondaires
Certains sujets brûlants du moment ont été relégués au second plan avec ce réaménagement permettant aux autorités attaquées sur plusieurs fronts de détourner momentanément l’attention sur des sujets tels que la Libye, la rentrée scolaire, les sorties médiatiques de certains syndicats etc.
A suivre…
16:59 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, niamey, mahamadou issoufou, mahamadoul-kafi


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